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Jordanie
Petra (1985) Habitée depuis la préhistoire, cette cité caravanière nabatéenne située entre la mer Rouge et la mer Morte fut dans l'Antiquité un carrefour important entre l'Arabie, l'Égypte et la Syrie-Phénicie. Mi-construite et mi-sculptée dans le roc à l'intérieur d'un cirque de montagnes percé de couloirs et de défilés, Petra est un site archéologique des plus célèbres, où se mêlent les influences de traditions orientales anciennes et de l'architecture hellénistique.
Qusair Amra (1985) Construit au début du VIIIe siècle, ce château du désert, particulièrement bien conservé, était à la fois une forteresse abritant une garnison et une résidence des califes omeyyades. Doté en particulier d'une salle d'audience et d'un hammam aux riches peintures murales figuratives, ce petit château de plaisance reflète l'art profane de l'époque.
Um er-Rasas (Kastrom Mefa’a) (2004) L’essentiel du site archéologique d’Um er-Rasas n’a pas encore été fouillé. Le site, qui comprend des vestiges des périodes romaine, byzantine et du début de l’Islam (de la fin du IIIe au IXe siècle après J.C.) fut d’abord un camp militaire romain puis s’agrandit pour devenir une ville à partir du Ve siècle. Le camp militaire fortifié, un carré d’environ 150 m de côté, a été peu fouillé. Le site comporte également 16 églises dont certaines possèdent des sols en mosaïque bien conservés, en particulier celui de l’église Saint-Etienne qui représente des villes de la région. Deux tours carrées sont probablement les seuls témoignages de la pratique, bien connue dans cette partie du monde, des anachorètes stylites (moines ascétiques qui s’isolaient au sommet d’une colonne ou d’une tour). Des vestiges d’anciennes activités agricoles parsèment le site d’Um er-Raas et ses environs. C’est ici que le Prophète Mahomet, voyageant comme commerçant, aurait rencontré un moine qui le convertit aux vertus du monothéisme.
 


Liban
Anjar (1984) Les ruines d'Anjar, ville fondée par le calife Walid Ier au début du VIIIe siècle, révèlent une organisation très rigoureuse de l'espace semblable à celle des villes-palais de l'Antiquité. Elles constituent un témoignage unique sur l'urbanisme des Omeyyades.
Baalbek (1984) Cette cité phénicienne, où l'on célébrait le culte d'une triade divine, fut nommée Héliopolis à la période hellénistique. Elle conserva sa fonction religieuse à l'époque romaine où le sanctuaire de Jupiter Héliopolitain attirait des foules de pèlerins. Avec ses constructions colossales, Baalbek demeure l'un des vestiges les plus imposants de l'architecture romaine impériale à son apogée.
Byblos (1984) On trouve à Byblos les ruines successives d'une des plus anciennes cités du Liban, habitée dès le néolithique et étroitement liée à la légende et à l'histoire du bassin méditerranéen pendant plusieurs millénaires. Byblos est directement associée à l'histoire de la diffusion de l'alphabet phénicien.
Tyr (1984) Tyr, où, selon la légende, fut découverte la pourpre, fut la grande cité phénicienne maîtresse des mers, fondatrice de comptoirs prospères comme Cadix et Carthage. Son rôle historique déclina à la fin des croisades. Elle conserve d'importants vestiges archéologiques, principalement de l'époque romaine.
Ouadi Qadisha ou Vallée sainte et forêt des cèdres de Dieu (Horsh Arz el-Rab) (1998) La vallée de la Qadisha est l'un des plus importants sites d'établissement chrétien au monde, et ses monastères, souvent très anciens, s'inscrivent dans un extraordinaire paysage accidenté. On trouve non loin de là les vestiges de la grande forêt de cèdres du Liban, très prisés jadis pour la construction de grands édifices religieux.
 


Maroc
Médina de Fès (1981) Fondée au IXe siècle et abritant la plus vieille université du monde, Fès a connu sa période faste aux XIIIe et XIVe siècles, sous la dynastie mérinide, quand elle supplanta Marrakech comme capitale du royaume. Le tissu urbain et les monuments essentiels de la médina remontent à cette période : médersa, fondouks, palais et demeures, mosquées, fontaines, etc. En dépit du transfert du siège de la capitale à Rabat, en 1912, elle garde son statut de capitale culturelle et spirituelle du pays.
Médina de Marrakech (1985) Fondée en 1070-1072 par les Almoravides (1056-1147), Marrakech fut longtemps un centre politique, économique et culturel majeur de l'Occident musulman, régnant sur l'Afrique du Nord et l'Andalousie. Des monuments grandioses remontent à cette période : la mosquée de la Koutoubiya, la Casbah, les remparts, les portes monumentales, les jardins, etc. Plus tard, la ville accueillera d'autres merveilles, tels le palais Bandiâ, la medersa Ben Youssef, les tombeaux saâdiens, de grandes demeures, etc. La place Jamaâ El Fna, véritable théâtre en plein air, émerveille toujours les visiteurs.
Ksar d'Aït-Ben-Haddou (1987) Ensemble de bâtiments de terre entourés de murailles, le ksar est un type d'habitat traditionnel présaharien. Les maisons se regroupent à l'intérieur de ses murs défensifs renforcés par des tours d'angle. Aït-Ben-Haddou, situé dans la province de Ouarzazate, est un exemple frappant de l'architecture du Sud marocain.
Ville historique de Meknès (1996) Fondée au XIe siècle par les Almoravides en tant qu'établissement militaire, Meknès devint capitale sous le règne de Moulay Ismaïl (l672-1727), fondateur de la dynastie alaouite. Il en fit une impressionnante cité de style hispano?mauresque ceinte de hautes murailles percées de portes monumentales qui montre aujourd'hui l'alliance harmonieuse des styles islamique et européen dans le Maghreb du XVIIe siècle.
Médina de Tétouan (ancienne Titawin) (1997) Tétouan a eu une importance particulière durant la période islamique, à partir du VIIIe siècle, comme principal point de jonction entre le Maroc et l'Andalousie. Après la Reconquête, la ville a été reconstruite par des réfugiés revenus dans cette région après avoir été chassés par les Espagnols. Cela est visible dans l'architecture et l'art qui témoignent de fortes influences andalouses. C'est l'une des plus petites médinas marocaines, mais sans aucun doute la plus complète, dont, ultérieurement, la majorité des bâtiments sont restés à l'écart des influences extérieures.
Site archéologique de Volubilis (1997) La capitale de la Maurétanie, fondée au IIIe siècle av. J.-C., fut un avant-poste important de l'Empire romain et a été ornée de nombreux beaux monuments. Il en subsiste d'importants vestiges dans le site archéologique, situé dans une région agricole fertile. La ville devait devenir plus tard, pendant une brève période, la capitale d'Idriss Ier, fondateur de la dynastie des Idrissides, enterré non loin de là, à Moulay Idriss.
Médina d’Essaouira (ancienne Mogador) (2001) Essaouira est un exemple exceptionnel de ville fortifiée de la fin du XVIIIe siècle, construite en Afrique du Nord selon les principes de l'architecture militaire européenne de l'époque. Depuis sa fondation, elle est restée un port de commerce international de premier plan reliant le Maroc et l'arrière-pays saharien à l'Europe et au reste du monde.
Ville portugaise de Mazagan (El Jadida) (2004) Les fortifications portugaises de Mazagan, qui font aujourd’hui partie de la ville d’El Jadida, à 90 km au sud-ouest de Casablanca, furent édifiées comme colonie fortifiée sur la côte atlantique au début du XVIe siècle. La colonie fut reprise par les Marocains en 1769. Les fortifications, avec leurs bastions et remparts, constituent un exemple précoce de l’architecture militaire de la Renaissance. Les édifices portugais encore visibles sont la citerne et l’église de l’Assomption, construite dans le style manuélin (gothique tardif). La ville portugaise de Mazagan, l’un des premiers établissements en Afrique occidentale des explorateurs portugais qui faisaient route vers l’Inde, offre un témoignage exceptionnel des influences croisées entre les cultures européenne et marocaine, qui apparaissent clairement dans l’architecture, la technologie et l’urbanisme.
 
 


Mauritanie
Parc national du banc d'Arguin (1989) Situé le long de la côte atlantique, ce parc est formé de dunes de sable, de zones côtières marécageuses, de petites îles et d'eaux littorales peu profondes. L'austérité du désert et la richesse biologique de la zone marine créent un paysage terrestre et marin exceptionnellement contrasté. Une remarquable diversité d'oiseaux migrateurs y passent l'hiver. On y trouve également plusieurs espèces de tortues marines ainsi que des dauphins, que les pêcheurs utilisent pour rabattre les bancs de poissons.
Anciens ksour de Ouadane, Chinguetti, Tichitt et Oualata (1996) Cités fondées aux XIe et XIIe siècles pour répondre aux besoins des caravanes traversant le Sahara, ces centres marchands et religieux devinrent des foyers de la culture islamique. Ils ont remarquablement préservé un tissu urbain élaboré entre le XIIe et le XVIe siècle, avec leurs maisons à patio se serrant en ruelles étroites autour d'une mosquée à minaret carré. Ils témoignent d'un mode de vie traditionnel, centré sur la culture nomade, des populations du Sahara occidental.
 
 


Oman
Fort de Bahla (1987) L'oasis de Bahla doit sa prospérité aux Banu Nabhan, qui s'imposèrent aux autres communautés entre le XIIe siècle et la fin du XVe. Leur puissance est attestée par les ruines de l'immense fort aux murailles et aux tours de brique crue et au soubassement de pierre, exemple remarquable de ce type de fortification.
Sites archéologiques de Bat, Al-Khutm et Al-Ayn (1988) Le site protohistorique de Bat, au voisinage d'une palmeraie de l'intérieur du sultanat d'Oman, constitue avec ses sites annexes l'ensemble le plus complet de zones d'habitat et de nécropoles du IIIe millénaire av. J.-C.
Sanctuaire de l'oryx arabe (1994) Le sanctuaire de l'oryx arabe est situé dans les régions biogéographiques du désert central et des collines côtières d'Oman. Les brouillards saisonniers et la rosée constituent un écosystème désertique unique et sa flore compte plusieurs plantes endémiques. Sa faune rare comprend le premier troupeau d'oryx arabes en liberté depuis l'extinction mondiale de l'espèce à l'état sauvage en 1972 et sa réintroduction ici en 1982. On y trouve également les seuls sites de reproduction en liberté de l'outarde houbara, une espèce d'échassier, ainsi que des bouquetins, des loups d'Arabie, des ratels, des caracals et la plus grande population de gazelles d'Arabie en liberté.
Terre de l’encens (2000) Les arbres d'encens de l'Ouadi Dawkah, les vestiges de l'oasis caravanière de Shisr/Wubar et les ports associés de Khor Rori et d'Al-Balid illustrent de manière frappante le commerce de l'encens qui prospéra dans cette région durant de nombreux siècles et fut l'une des plus importantes activités commerciales du monde antique et médiéval.
Systèmes d’irrigation aflaj d’Oman (2006) Les cinq systèmes d’irrigation inscrits représentent les quelques 3 000 systèmes d’irrigation encore en activité en Oman. La construction la plus ancienne pourrait remonter aux environs de 500 apr. J.C. mais des preuves archéologiques récentes suggèrent que les systèmes d’irrigation existaient dans la région dès 2 500 avant J.C. Aflaj est le pluriel de falaj qui signifie, en arabe classique, « diviser en parts ». Un partage équitable d’une ressource rare afin de garantir sa pérennité, tel est la marque de ce système d’irrigation qui conduit l’eau des sources souterraines, par gravité, sur des kilomètres pour alimenter l’agriculture et les peuplements permanents. La gestion et le partage équitable et efficace de l’eau dans les villages et les villes sont toujours sous-tendus par des notions de dépendance mutuelle et de collectivité, et guidés par des observations astronomiques. De nombreuses tours de guet construites pour défendre les systèmes d’adduction d’eau sont intégrées au site. Elles reflètent la dépendance des communautés aux aflaj. D’autres constructions sont associées au système : des mosquées, maisons, cadrans solaires, maisons de vente aux enchères de l’eau. Menacé par la baisse du niveau des eaux souterraines, l’aflaj représente une forme d’occupation des sols exceptionnellement bien conservée.
 
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